Soudage par friction-malaxage en Bretagne, saison II

Soudage
On ne change pas une équipe qui gagne ! Après « FSW-I », opération menée tambour battant en 2013-2015, les équipes de l’UIMM 35-56, de l’Institut Maupertuis et de Bretagne UGV soutenus par le fond F2I, lancent l’opération « FSW-II ».
 Financement : 193 598 €
 Durée du soutien : 24 mois (octobre 2016-octobre 2018)
 Nombre de bénéficiaires : 30 PMIs
 Action réalisée par : L'ENS Rennes et l'Institut Maupertuis
 Action portée par : UIMM 35-56

Il ne s’agit pas d’une série TV, mais de « Friction Stir Welding » (FSW), en français « friction-malaxage », une technologie prometteuse.

« Nous voulons montrer aux industriels que la technologie est mature, que ça marche, qu’il y a des marchés à prendre, des opportunités à saisir et cela sans investissements démesurés, à partir des équipements existants, » précise Guillaume Dilas, coordinateur de l’opération pour l'UIMM Ille-et-Vilaine-Morbihan.

Révolutionnaire par rapport au soudage traditionnel qui requiert de très hautes températures, la friction-malaxage consiste à enfoncer un pion en rotation à la jonction de deux ou plusieurs matériaux (aluminium, laiton, magnésium, nickel ) et à le faire avancer le long de la zone à assembler. La rotation ramollit les matériaux, qu’elle rend pâteux et qu’elle soude. La technique combine usinage et soudage et évite l’apport de matières dangereuses et/ou polluantes. Elle permet en outre d’assembler des matériaux différents, par exemple du métal avec du composite. « La méthode va permettre aux usineurs de capter de nouveaux marchés, en leur évitant les coûts liés à l’externalisation du soudage. Elle ouvre aussi de nouveaux débouchés au secteur de l’outillage, sur le marché naissant des outils et porte-outils, les outils dédiés au FSW n’étant pas fabriqués en France actuellement. »

Déjà des retombées concrètes

Les trois PMI bretonnes, qui ont testé la technologie en voient déjà les résultats. E. Leclerc (Fougères), qui fabrique des outils de coupe, est en train de mettre au point une gamme spécifique FSW. Prolann, spécialiste de l’usinage de précision basé à Lannion (Côtes d’Armor), a comparé la friction-malaxage au soudage par faisceaux d’électron. Seifel, entreprise malouine qui conçoit et fabrique des  produits et applications pour les réseaux d’énergie et de télécommunications, a étudié la faisabilité d’un soudage FSW dans le domaine des connecteurs électriques, par comparaison au sertissage.

«  La première phase du projet a permis d’embarquer en tout 13 entreprises et de réaliser huit campagnes d’essais sur la plateforme ENS, soit 92 jours. Nous avons levé certains verrous, explique Guillaume Dilas. Mais il y en a d’autres, qui sont au programme du FSW-II. » La première phase a permis de définir les conditions d'utilisation des outils FSW pour les assemblages alu/alu et alu/cuivre ; de définir également les conditions d’utilisation des machines-outils pour ce mode d’assemblage par friction-malaxage et même d’enclencher la création d’une start-up spécialisée dans la conception de ce type de matériels, avec un premier brevet déjà déposé. Le FSW 2 poursuivra les travaux sur quatre verrous non traités dans FSW-I : l’assemblage des matériaux à haut point de fusion acier et titane ;

l’amélioration des techniques d’assemblage FSW « par transparence » ; la mesure des paramètres de soudage (température, efforts…) par le développement de porte-outils dotés de capteurs et l’assemblage FSW des matériaux composites à matrice thermoplastique. Tout un programme !