L’Ain prépare un grand bond innovant

Dans l’Ain, on n’a pas de pétrole, ni de grandes écoles… mais on compense avec beaucoup de suite dans les idées. La preuve : « Avenir Ain/dustrie », une initiative lancée par l’Uimm de ce territoire début 2016, avec l’appui du fonds F2I. « Nous avions mené une première action d’accompagnement des entreprises vers l’innovation en 2012-2013, déjà avec F2I, qui nous aidait à financer des chèques-innovation, rappelle Marie-Hélène Lebranchu, déléguée générale. Il s’agit cette fois d’aller plus loin, en nous appuyant sur les acquis de cette première phase et en particulier sur les retours d’expérience des entreprise et sur les partenariats académiques noués à cette occasion. » Comment « brancher » les PMI locales sur des labos de recherche lorsqu’on ne dispose d’aucun établissement à proximité ? « C’est nous qui allons à la rencontre des institutions, explique Marie-Hélène Lebranchu. Nous leur proposons de placer leurs stagiaires dans nos entreprises ou de faciliter l’accès de leurs chercheurs à des terrains d’expérimentation. Nous travaillons avec trois institutions en particulier : Grenoble INP, emlyon Business School et l’Insa de Lyon, sur la base de conventions pluriannuelles. Pour surmonter l’éloignement géographique, il faut trouver des solutions. Par exemple, pour permettre à des stagiaires ou à des doctorants des écoles de venir travailler chez nous sur un projet innovant, nous proposons des chèques stage innovation qui financent les déplacements ou l’hébergement. » Une démarche très construite Le programme Avenir Ain/dustrie se décompose en quatre étapes, dont une de sensibilisation, à travers des cercles de réflexion organisés autour de thématiques relatives à l’innovation au sens large (pas seulement technologique) et à la performance globale (stratégie, management, finances, etc.). La démarche fait la part belle aux visites et démonstrations dans des laboratoires de recherche et dans des entreprises liées à ces derniers. Une dizaine d’industriels de l’Ain se sont ainsi déplacés l’an passé à Grenoble INP Génie industriel, où ils ont pu toucher du doigt mur d’image, réalité virtuelle ou imprimante 3D. Très récemment, un groupe est allé en Suisse, à Neuchatel, à Haute Ecole Arc, qui propose un cursus d’ingénierie de haut niveau étroitement lié au tissu industriel jurassien, avec une forte compétence en smart manufacturing, internet des objets ou encore haute technologie médicale. Un déplacement à l’Insa de Lyon a porté sur les systèmes d’information, un autre est prévu au CEA. « Notre programme de visites, d’ateliers, de clubs, facilite les échanges entre pairs et permet d’élargir les horizons, de voir concrètement ce qui est possible, » explique Marie-Hélène Lebranchu. La seconde étape d’Avenir Ain/dustrie est un diagnostic complet en cinq jours. Facturé seulement 200 euros la journée, le diagnostic PCC (pour Plan Compétence Compétitivité) débouche sur un plan de travail, puis, troisième étape, sur une étude de faisabilité technique, organisationnelle et économique réalisée par Emmanuelle Perret, la chargée de mission du programme, éventuellement appuyée par les écoles partenaires ou leurs labos de recherche. « La mise en place d’un stage ou de projets collaboratifs réalisés à l’école et encadrés par des enseignants-chercheurs peut répondre aux besoins », complète Marie-Hélène Lebranchu. La dernière étape est la préparation et le lancement du projet, avec une attention particulière portée à l’acquisition des compétences nécessaires, ce qui peut passer par la mise en place d’un plan de formation. Avenir Ain/dustrie affiche l’objectif ambitieux d’accompagner une quarantaine de projets de toutes natures en deux ans. D’ici là, l’Uimm de l’Ain fait feu de tous bois pour motiver les troupes et rapprocher les deux univers. La « semaine de l’industrie » du 20 au 26 mars 2017, a vu ainsi débarquer cinquante élèves-ingénieurs de Grenoble-INP dans les PMI du département.