Décollage rapide pour le Factory Lab vers l’usine du futur

Inaugurée à l’automne 2016, la plateforme d’innovation Factory Lab est opérationnelle. Frédéric Amblard, son directeur, se donne pour priorité d’en maîtriser la montée en puissance pour pouvoir en consolider le fonctionnement, plutôt novateur.

Le projet suscite en effet un engouement réel, avec huit projets déjà retenus et lancés, treize autres bientôt proposés au comité de sélection et un probable élargissement du consortium dès 2017. Hébergée par le CEA List, maître d’œuvre de  la plateforme – Factory Lab qui n’est pas une « structure » mais un consortium soutenu par les pouvoirs publics, ce qui en fait tout l’intérêt – pourrait gérer dès l’an prochain une trentaine de projets simultanément, si elle continue sur sa lancée, selon Frédéric Amblard. Le budget du programme est de 40 millions d’euros sur cinq ans.

«  L’idée, née il y a un peu plus de deux ans, était d’organiser les échanges et la fertilisation croisée entre grands industriels et PME,  intégrateurs, fournisseurs de technologie et utilisateurs, dans une perspective inter-filières, explique Frédéric Amblard. En effet, des industriels aux activités apparemment aussi différentes que PSA et DCNS, membres fondateurs du consortium, sont confrontés à des problématiques analogues. Le Factory Lab leur permet de travailler ensemble, en s’appuyant sur les meilleures compétences et les meilleures technologies les plus performantes, sur des projets qui répondent à des besoins concrets. Les participants vont ainsi partager des investissements dont le retour aurait été insuffisant à l’échelle d’un seul des partenaires et cela profitera à toute la chaîne de valeur, y compris les sous-traitants. »

Des technologies relativement matures

En pratique, pour chaque projet, les industriels qui ressentent un besoin commun le décrivent dans une feuille de route. Le cas échéant, une étude préalable de faisabilité est lancée. Selon la problématique à résoudre, le CEA, le CETIM et ou l’Ensam vont ensuite aller chercher la réponse technologique adaptée, intégrant briques matérielles et logicielles. Il s’agit en l’occurrence de technologies plutôt matures, avec un TRL au moins supérieur à 6. Un démonstrateur est ensuite développé pour répondre au cas d’usage. Et les livrables de tous les projets sont accessibles à tous les partenaires du consortium. Simple et efficace.

«  Les projets sont courts : six à dix-huit mois maximum, explique Frédéric Amblard. Il s’agit de répondre à des enjeux de flexibilité, de compétitivité, de qualité, via des méthodes agiles, en allant jusqu’à la conduite du changement et à l’appropriation par les opérateurs, qui est pilotée par l’ENSAM. »

Si le CEA est impliqué dans sept projets, dans ses domaines d’expertise en robotique et réalité augmentée par exemple, parmi les projets qui sont dans le pipeline, quatre impliquent le Cetim. Visrob vise à robotiser une opération de serrage au couple, en particulier pour des opérations de montage du moteur Leap de Safran. Avec Safran, PSA Peugeot Citroën et DCNS, le Cetim étudie également au travers du projet Asservus la faisabilité d’un « moyen de serrage asservi à l’effort de serrage par ultrasons, » qui comprend l’intégration de la technologie de mesure par ultrasons Emat, sans couplant ni contact. Côté assistance à l’opérateur, le projet Outport se focalise sur l’aide à la manipulation d’outils portatifs en hauteur ou difficiles d’accès. Première application : un poste de meulage employant notamment une technologie de « motion capture ». Enfin, AMM20, pour « dédié à l’aide à la manipulation mobile et flexible de pièces de 20 kg, » doit évaluer la faisabilité d’un dispositif de type « cobot » pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques (TMS) et gagner en temps de cycle dans des tâches de manutention.

Une plateforme fédératrice pour une usine du futur proche

Factory Lab compte huit membres fondateurs, dont cinq groupes industriels.

Le consortium d’industriels associe trois utilisateurs finaux – PSA, Safran et DCNS, dont les besoins nourrissent les cahiers des charges – à Dassault Systèmes et à l’intégrateur spécialisé dans les processus industriels Actemium.  Les trois laboratoires autres acteurs de recherche,  du CEA- List (maître d’œuvre), Cetim et des Arts et Métiers ParisTech  apportent les briques technologiques innovantes.

Trois axes de travail :

  • l’usine numérique flexible ;
  • l’automatisation des procédés de fabrication et de contrôle ;
  • l’assistance physique et l’assistance cognitive aux opérateurs.

La première vague (batch 1, il y en aura deux par an) a retenu huit projets, actuellement en cours de développement.

Les trois atouts de Factory Lab

  • Un accès direct aux besoins concrets des utilisateurs finaux,
  • L’intégration des solutions des fournisseurs de technologies dans des démonstrateurs fonctionnels, prenant en compte les particularités de l’opérateur humain, notamment en termes d’ergonomie et de réglementation.
  • Un écosystème dynamique et soutenu par les pouvoirs publics.